Tag: Impact assessment

  • Impact assessment Carolina for Kibera [Newsletter 1 Kenya]

    Impact assessment Carolina for Kibera [Newsletter 1 Kenya]

    Salut la Familia, les Potes, Blisce, EPIC et Partenaires,

    English version below 🙂

    Nous sommes bien arrivés à Nairobi lundi dernier à 6 h 20 du matin, après une escale à Dubaï. Direction la famille Siteki, notre famille d’accueil, pour une douche rapide et le temps de poser nos sacs, puis direction Carolina for Kibera pour le début d’une mission passionnante ! Accueil chaleureux de tout le staff de CFK, qui a commencé par nous faire faire le tour du propriétaire : la clinique, le centre de nutrition et le care center. Je vous garantis qu’il s’agit d’une immersion totale ! (cf. petite vue imprenable sur notre palace) 🙂

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    Impact assessment qualitatif :

    Afin de mettre en avant leur impact, Carolina for Kibera cherche à se doter d’une palette de supports pour développer et renforcer son engagement et ses interactions avec ses donateurs et sponsors. Pour cela, ils m’ont chargé d’aller à la rencontre de leurs bénéficiaires afin de recueillir leurs témoignages. Cette semaine, nous avons commencé à nous rendre chez les habitants, dans les écoles et les cliniques du bidonville pour mener nos premières interviews ! Nous sommes rapidement partis dans les coins les plus reculés de Kibera, accompagnés de CFK et des leaders locaux. Sans eux, je m’y serais perdu 15 fois ! 🙂 Kibera, l’un des plus grands bidonvilles d’Afrique, situé au sud de Nairobi, regroupe 1,2 million de personnes issues de 42 tribus et réparties dans 14 villages.

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    Tabitha Clinic :

    Carolina for Kibera a mis en place un programme de santé en créant une clinique au milieu du bidonville, accessible aux habitants pour quelques shillings seulement. Il y a une vraie volonté d’apporter un service de santé de proximité et de qualité. C’est incroyable de voir à quel point toute l’équipe soignante est impliquée dans la prise en charge des patients ! Cela va de la vaccination aux problèmes de malnutrition, en passant par les traitements du VIH, le dépistage du cancer du sein, les premiers secours… Marine travaille principalement à la pharmacie, pour réfléchir à l’optimisation des stocks. L’un de leurs enjeux majeurs est le traitement des patients atteints du VIH et de la tuberculose. Ce sera l’objet des discussions de la semaine prochaine ! À suivre… 🙂

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    Famille d’accueil Siteki :

    Nous avons été accueillis comme des rois par la famille Siteki, qui habite en plein cœur de Kibera. Tabitha, la maîtresse de maison, serial entrepreneuse chevronnée et mère de 5 enfants, nous a accueillis comme ses propres enfants. Son parcours est captivant ! Après avoir perdu son mari il y a 20 ans, avec 5 enfants à charge et un prêt immobilier sur les bras, elle a monté quatre business dans le commerce et la restauration, ce qui lui a ensuite permis d’envoyer deux de ses enfants aux États-Unis. Si elle ne nous voit pas rentrer le soir, c’est la première à s’inquiéter ! 🙂 Même si l’électricité coupe et que la douche ressemble à un gros robinet, nous mangeons comme des princes. Ambiance géniale : on se marre avec ses enfants, qui ont quelques années de plus que nous, et longs échanges interculturels le soir !

    Fonctionnement des écoles :

    Le fonctionnement des écoles est intéressant, car on distingue 3 types d’écoles :

    • + Informal Private schools : elles ne remplissent pas les critères pour recevoir les subventions des écoles publiques, la qualité de l’enseignement est faible et les équipements quasi inexistants. Ce sont les moins chères (environ 30 $ pour l’année) et elles incluent souvent un repas pour les enfants
    • ++ Public schools : le niveau d’enseignement est plutôt bon, l’État subventionne une partie du budget de l’établissement, mais les familles doivent encore payer les livres, les équipements, les repas, les uniformes… ce qui les rend souvent inaccessibles aux familles dans le besoin
    • +++ Registered Private schools : les écoles d’élite, bien évidemment les plus chères, réservées à la classe aisée kényane

    => Il est assez surprenant de constater que l’enseignement privé couvre les 2 extrêmes : les plus pauvres et les plus riches. Nous parlons beaucoup d’égalité des chances ; ici, au Kenya, c’est très concret. Tous les élèves passent les mêmes examens. Par exemple, lors d’un examen pratique de physique nécessitant du matériel de mesure, la quasi-totalité des élèves issus des informal schools l’utiliseront pour la première fois le jour de l’examen ! Barrière à l’entrée évidente !

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    Le témoignage poignant de Faith, 17 ans, étudiante et mère

    Jeudi dernier, départ avec Marine à 5 h 30 du matin pour rencontrer Faith. Après 20 minutes de marche entre les baraquements, Faith nous a accueillis dans une baraque en tôle de 12 m² où s’entassait toute sa famille. Avec assurance, Faith nous a décrit sa grossesse découverte au bout de 7 mois, le refus du père, le rejet de sa famille et de ses amis, la mort de l’un de ses jumeaux et ses envies de suicide. Elle a enchaîné sur sa rencontre avec le programme de CFK, qui lui a redonné confiance et lui a permis de retourner à l’école en l’aidant à payer les frais de scolarité ; surtout, elle a appris à dire NON. Ce qui m’a marqué, c’est qu’elle m’a pris à part avant notre départ pour me demander si je pouvais l’aider à obtenir des serviettes hygiéniques. En tant que déléguée de classe, c’est un problème récurrent. Sa demande n’était même pas pour elle, mais pour ses camarades de classe…

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    Ce week-end, détente sur les plages de Diani et de Mombasa ! Il faut quand même profiter de ces superbes paysages ! 🙂

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    Bonne journée à tous et surtout bonnes vacances,

    À très vite !

    Marine et Romain

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    Hi Familia, Friends, Blisce, EPIC and Partners,

    We arrived in Nairobi at 6:20 am last Monday after a stopover in Dubai. We headed to the Siteki family’s place (our host family) for a quick shower and a few minutes to drop our bags. Then, off to Carolina for Kibera for the beginning of an exciting mission! Warm welcome from all the CFK staff, who started with a tour of the facilities: the clinic, the nutrition center and the care center. I guarantee you that it is a total immersion! 🙂

    Qualitative impact assessment:

    In order to showcase their impact, Carolina for Kibera wants to build a range of materials to develop and strengthen its engagement & interactions with its donors and sponsors. To do that, they asked me to meet their beneficiaries on the ground and collect their testimonials. This week, we went to schools, clinics and people’s homes to conduct our first interviews in the slum of Kibera! We quickly went to the most remote corners of Kibera, accompanied by CFK and local leaders. Without them, I would have gotten lost 15 times! 🙂 Kibera is one of the largest slums in Africa, located in the south of Nairobi. It is home to 1.2 million people from 42 different tribes, spread across 14 villages.

    Tabitha Clinic:

    The health program is an important pillar of CFK. They created an affordable clinic in the middle of the slum. There is a real desire to provide a quality health service close to people. It’s amazing how the entire healthcare team is involved in supporting the locals with very limited supplies! Their activities range from vaccination, malnutrition and HIV treatment to breast cancer screening and first aid… Marine is spending most of her time at the pharmacy, working on stock optimization. One of their major challenges is the treatment of HIV and TB patients. This will be the topic of next week’s discussions! To be continued… 🙂

    Siteki Host Family:

    We have been welcomed like kings by the Siteki family, who live in the heart of Kibera. 🙂 Tabitha, our host, a serial entrepreneur and mother of 5, welcomed us as her own children. Her story is captivating! Having lost her husband 20 years ago with 5 children and a mortgage, she set up 4 businesses in retail and catering, which allowed her to send two of her children to the US. If she does not see us coming back at night, she is the first one to worry! 🙂 Although the electricity cuts out and the shower looks like a big faucet, we eat like princes. Great atmosphere, a lot of fun with her children, who are a few years older than us, and long intercultural exchanges at night!

    How Kenyan schools work:

    The school system is interesting because there are 3 types of schools:

    • + Informal Private schools: they do not meet the criteria for receiving public school grants, teaching quality is low and equipment is almost non-existent. These are the cheapest (around $30 per year) and they often include a meal for the children
    • ++ Public schools: the level of education is rather good and the state subsidizes part of the school budget, but families must still pay for books, equipment, meals, uniforms… A high barrier to entry for low-income families
    • +++ Registered Private schools: elite schools, obviously the most expensive, reserved for Kenya’s upper class

    => It is quite surprising to note that private education covers the two extremes: the poorest and the richest. We talk a lot about equal opportunities; here in Kenya, it’s very concrete. All students take the same exams. For example, during a practical physics exam requiring measuring equipment, almost all students from informal schools will use it for the first time on the day of the exam! An obvious barrier to entry!

    The heartbreaking testimony of Faith, 17, student and mother

    Last Thursday, Marine and I left at 5:30 in the morning to meet Faith. After a 20-minute walk between the shacks, Faith welcomed us into a tiny 12 m² house made of metal sheets, in which her whole family was crammed. With confidence, Faith described her pregnancy, discovered after 7 months, the father’s refusal, the rejection by her family and friends, the death of one of her twins and her suicidal thoughts. She went on to describe how she met the CFK team, who gave her back her confidence and allowed her to return to school by helping with the tuition fees; most importantly, she learned to say NO. What struck me was that she took me aside before we left and asked if I could help her get sanitary pads. As class representative, this was a recurring issue. Her only request was not even for herself, but for her classmates…

    This weekend, we are relaxing on the beaches of Diani and Mombasa! We have to enjoy the beautiful Kenyan landscapes! 🙂

    Have a great day and enjoy your holidays,

    See you soon!

    Marine and Romain

    Carolina for Kibera

  • Impact assessment and Safari [Newsletter 3 Uganda]

    Impact assessment and Safari [Newsletter 3 Uganda]

    Coucou la familia, salut les potos, cher Blisce, cher EPIC,

    English version below 🙂

    Me voilà tout fraîchement rentré de cette nouvelle aventure hors du commun ! Mon chanceux de frère a pu profiter de quelques heures de plus au bord de la piscine avant de prendre son avion de retour.

    Voici quelques infos sur nos péripéties de la semaine.

    Nyaka — Retour au bercail à Kampala pour enclencher la 3e phase du projet

    Le retour à Kampala a été mouvementé, car nous avons opté pour un bus local qui s’est avéré bondé. Lorsqu’il s’arrêtait, il fallait mettre sur pied une vraie stratégie pour ne pas perdre de vue nos sacs, car au-delà des passagers, nous avons vu monter des diseurs de bonne aventure, des marchands de médicaments miracles, des vendeurs de brochettes par dizaines… 🙂 Une fois arrivés, nous avons trouvé une guesthouse canon en dehors de la ville, avec un terrain de beach-volley sur lequel nous avons ensuite fait des rencontres sympas lors des matchs (joueur de foot pro, chercheur à Harvard…).

    Cette semaine à Kampala a été particulièrement studieuse : il fallait boucler nos reportings respectifs. Pour la mission d’analyse d’impact, j’ai consacré les 2 premières journées à consolider les 4 100+ points de données récupérés sur le terrain auprès des 3 écoles Nyaka et des communautés de Kanungu & Rukungiri, dans un format que Nyaka continuera d’utiliser pour ses reportings internes et externes. Je me suis ensuite attelé à la construction des différents tableaux de bord de suivi des KPIs, pour finir par la rédaction d’un rapport de synthèse que nous avons débriefé le vendredi avec l’équipe.

    Voici quelques KPIs de performance intéressants.

    Nyaka, c’est :

    • 786 élèves différents ayant bénéficié ou bénéficiant du programme d’éducation de Nyaka depuis 2003 (programme réparti sur 14 ans + université)
    • 156k+ heures de cours dispensées depuis 2003 (dont 21k heures l’année dernière) par une équipe de professeurs à temps plein qui compte 43 personnes cette année
    • 1,7M+ repas distribués au sein de leurs écoles depuis 2003
    • 40 étudiants actuellement à l’université
    • 54 % de filles, tous niveaux confondus (13 fois sur les 15 dernières années, il y a eu plus d’écolières que d’écoliers)
    • 436K personnes touchées via des émissions de radio / visites en 2016, animées par le club de sensibilisation contre le sida des élèves de l’école primaire de Nyaka

    Quentin s’est concentré sur les principaux risques liés à la construction des 3 écoles, accompagnés de recommandations simples de mise en œuvre. Ses 3 axes principaux concernaient les fondations de certains bâtiments, la protection des réservoirs d’eau et la sécurité dans les cuisines. Lors du débriefing, il a notamment échangé avec Sempa, le responsable du suivi de tous les chantiers.

    Pour qu’un maximum de membres de l’équipe puissent participer, nous avons fait notre pot de départ sur le terrain (juste avant notre retour à Kampala), où nous avons fait découvrir des produits du Nord de la France aux équipes. C’était vraiment sympa : une bonne vingtaine de membres du staff sont venus et nous ont fait un très joli discours.

    Safari inoubliable dans le parc Queen Elizabeth

    Bien occupés la semaine avec nos missions, nous avons quand même pu faire les gros touristes pendant le week-end. Sur les recommandations de Shabnam, nous avons déniché le tour-opérateur qu’il fallait. Bosco, notre guide, qui a grandi dans le parc, nous a guidés tout le week-end dans son 4×4 à toit ouvrant. En plus d’être archi sympa, il avait un réseau de potes incroyable, si bien que nous avons pu profiter des meilleurs spots. Il nous a déniché un léopard qui venait de tuer sa proie, une bande de 7 lions, des éléphants, des buffles, des crocodiles, des phacochères, des antilopes, des singes… Dès que son téléphone sonnait et qu’il appuyait sur le champignon, nous sortions par le toit ouvrant, prêts à repérer le prochain animal ! 🙂

    Cette année encore, une aventure inoubliable, d’autant que cette fois-ci, frérot était de la partie ! Un grand merci à EPIC et notamment à Elisa, Alexandre, Nicola et Charles-Henri, qui ont rendu cet échange possible !

    Bonne journée à tous,

    À bientôt,

    Romain

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    Hi family, hi potos, hi Blisce, hi EPIC,

    Here I am, just back from this extraordinary new adventure! My lucky brother enjoyed a few more hours by the pool before taking his plane back to France.

    Here is some news from this week:

    Nyaka — Return to Kampala to start the 3rd phase of the project

    The way back to Kampala was hectic because we opted for a local bus, which was overcrowded. When the bus stopped, we had to put in place a real strategy to keep an eye on our bags because, beyond the passengers, we saw fortune tellers, miracle drug sellers, dozens of skewer sellers… 🙂 Once we arrived, we found a nice guesthouse outside the city with a beach volleyball court where we met many different people during the matches (a professional football player, a researcher at Harvard…).

    This week in Kampala was particularly studious in order to complete our respective reports. Regarding the impact assessment mission, I dedicated the first 2 days to consolidating the 4,100+ data points retrieved on the ground from the 3 Nyaka schools and the communities of Kanungu & Rukungiri in a format that Nyaka will continue to use for its internal & external reporting. Then, I worked on building various dashboards to follow up on the identified KPIs before writing a summary report that we debriefed on Friday with the team.

    Here are some interesting performance KPIs:

    Nyaka is:

    • 786 different students who benefited or are benefiting from the Nyaka education program since 2003 (program spread over 14 years + university)
    • 156k+ hours of classes taught since 2003 (including 21k hours last year) by a full-time faculty team that reached 43 people this year
    • 1.7M+ meals distributed within their schools since 2003
    • 40 students currently in university
    • 54% girls, all levels combined (13 times over the last 15 years, there were more schoolgirls than schoolboys)
    • X1.66 up to X2.46 more chance of getting a grade 1 or 2 at their final exam at the end of primary 7 vs. the benchmark of schools in the district
    • 436K people reached via radio broadcasts / visits in 2016 led by the anti-AIDS club of Nyaka primary school

    Quentin focused on highlighting the main risks associated with the construction of the 3 schools, with recommendations for implementation. His three main areas were the foundations of certain buildings, the protection of water tanks and safety in the kitchens. During the debriefing, he interacted with Sempa, the person responsible for following up on all the construction work.

    So that as many staff members as possible could attend, we organized our farewell on the field (just before our return to Kampala), where we introduced them to products from the north of France. It was really nice because about 20 staff members came and gave us a very nice speech.

    Unforgettable Safari in Queen Elizabeth Park

    Even if we were busy during the week with our missions, we were real tourists during the weekends. Following Shabnam’s recommendations, we found the right tour operator. Bosco, our guide, grew up in the park and guided us all weekend in his SUV with an open roof. In addition to being really nice, he had an incredible network of friends, so we got all the best spots. He found us a leopard that had just killed its prey, a pride of 7 lions, elephants, buffaloes, crocodiles, warthogs, antelopes, monkeys… As soon as his phone rang and he pressed the accelerator, we went up through the open roof, ready to spot the next animal! 🙂

    This year again, an unforgettable adventure, and this time it was with Quent! A big thank you to EPIC and especially Elisa, Alexandre, Nicola and Charles-Henri, who made this exchange possible!

    Have a good day, everyone,

    See you soon,

    Romain

    Further details on: Nyaka Blog

  • On the field in Kanungu and Rukungiri [Newsletter 2 Uganda]

    On the field in Kanungu and Rukungiri [Newsletter 2 Uganda]

    Salut la Familia, les Potos, Blisce & EPIC,

    English version below 🙂

    Comment allez-vous ?

    Depuis la dernière newsletter, mon frère Quentin m’a rejoint le vendredi 4 août, mais non sans encombre, avec plus de 5 heures dans les bouchons pour rejoindre Kampala. Tellement bloqué que le chauffeur s’est arrêté au bord de la route à plusieurs reprises pour lui donner quelques cours sur la faune et la flore locales ! 🙂

    Une mission mais pas que…

    Le lendemain, nous sommes partis passer la journée à Jinja, connue pour être la source du Nil. Histoire de fêter l’arrivée de Quentin, nous avons tenté une descente en rafting de niveau 5. En plus d’un paysage époustouflant de part et d’autre du Nil, nous avons pris 8 rapides, dont certaines chutes de plusieurs mètres. Lorsque le raft chavire et que tu passes plus de 15 secondes sous l’eau, c’est une vraie bouffée d’adrénaline ! 🙂

    Nyaka, collecte des données sur le terrain

    Pour mesurer l’impact de Nyaka au sein des communautés de Kanungu & Rukungiri (sud-ouest du pays) et répondre à la question « What does success look like? », nous sommes passés à la deuxième étape du projet, qui consiste à aller chercher les données sur le terrain. Nous avons eu la chance de pouvoir nous rendre dans des zones extrêmement reculées où les visages pâles ne couraient clairement pas les rues. 🙂 Cette semaine s’est enchaînée avec de multiples rencontres : chefs d’établissement du primaire et du secondaire de Nyaka, professeurs, leaders religieux, de clan et de village, représentants du gouvernement, communautés locales… qui se sont parfois déplacés à plus de soixante pour nous aider à réaliser notre étude. Ce qui nous a le plus marqués, c’est l’implication parfaite des différentes communautés dans la gouvernance de Nyaka. En cas de coup dur pour Nyaka, ce seront des milliers de personnes de tous niveaux hiérarchiques, ethnies et religions qui apporteront ensemble leur contribution pour y faire face. En parallèle de la collecte de données, Quentin a mis à contribution ses compétences d’ingénieur sur des problèmes de pression dans leur circuit d’eau, en intervenant lors de cours de sciences physiques autour de 4 expériences et en partageant son expérience d’ingénieur avec des élèves confrontés à leurs premiers choix d’orientation.

    Moments inoubliables :

    => Communauté de grand-mères

    Après un échange d’une heure avec une communauté de grand-mères dans le cadre de notre collecte de données, ces dernières nous ont remerciés par une danse accompagnée de chants locaux. Un moment qui restera gravé dans nos mémoires… Je vous laisse apprécier en images ! 🙂

     => LIEN VIDÉO

    Romain Sion Uganda Nyaka
    Romain Sion Uganda Nyaka
     

    => Live pitching d’une application smartphone

    Une équipe Nyaka de 6 étudiantes passionnées de nouvelles technologies nous a pitché ses innovations, et notamment une application smartphone qui permet aux patients de ne pas oublier leurs médicaments tout en bénéficiant de conseils de médecins. Proposition de valeur, business model, démo… tout y était ! Cette app leur a valu la première place d’un challenge national impliquant toutes les écoles privées de la capitale !

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    => Match de volley-ball

    Tous les deux fans de volley-ball, nous avons été invités à un match endiablé, à tel point que nous en sommes sortis en nage. Le terrain était rocailleux, le filet distendu et le ballon usé, mais le niveau était vraiment pas mal. Notamment une écolière de 7 ans maximum, jouant en robe et pieds nus, qui plaçait toutes ses réceptions avec une précision chirurgicale ! 🙂

    La rencontre de la semaine :

    Je suis en train de lire le livre de Jackson, le fondateur de Nyaka. Il y explique les fondements de son initiative, née après les décès de son frère et de sa sœur à cause du « slim » (le sida), et présente la femme qui a insufflé les valeurs de Nyaka. Après avoir construit les deux premières classes, Jackson est allé voir Freda, sa grand-mère de cœur et institutrice toute fraîchement retraitée, pour qu’elle devienne la première directrice de Nyaka. Nous avons eu l’opportunité de la rencontrer : une personnalité rare et vraiment inspirante !

    Comment les habitants des villages reculés accèdent-ils aux prêts bancaires et aux assurances ?

    Pour des achats importants (produits ménagers, animaux…), ou lorsqu’un proche doit se rendre à l’hôpital pour une opération coûteuse, les habitants, qui ont souvent des revenus très limités, n’ont pas accès aux produits bancaires et d’assurance classiques. Ils se sont donc organisés en groupes « de confiance » composés d’une dizaine à une cinquantaine de membres. Chaque mois, les membres se réunissent et définissent les priorités d’achat. Tous contribuent chaque mois à un pot commun, qui est ensuite alloué en fonction des besoins de chacun. Si par exemple chaque membre souhaite une chèvre, tous les mois les membres en achètent une, dans un ordre défini par tirage au sort. Pour les assurances, c’est à peu près le même principe. Le groupe négocie un partenariat en direct avec l’hôpital, puis chaque membre lui paie des mensualités. En cas de coup dur, la famille concernée est prise en charge, quel que soit le montant des soins. Ces groupes étant basés sur la confiance, il est primordial d’avoir bonne réputation et, bien souvent, d’être implanté dans la région depuis longtemps.

    Continuez à m’envoyer de vos nouvelles !

    Quent & Rom

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    Hi la Familia, les Potos, Blisce & EPIC,

    How are you?

    Since the last newsletter, my brother Quentin joined me on August 4th, after spending more than 5 hours in traffic jams to reach Kampala. He was so stuck that the driver stopped by the roadside several times to give him some lessons on the local flora and fauna! 🙂

    A mission, but not only…

    The next day we went to Jinja, a place known as the source of the Nile. In order to celebrate the arrival of Quentin, we did a level 5 rafting descent. In addition to a breathtaking landscape on both sides of the Nile, we took 8 rapids including several waterfalls several meters high. When the raft flips and you spend 15+ seconds under water, it’s a real adrenaline rush! 🙂

    Nyaka, data collection in the field

    To measure the impact of Nyaka within the communities of Kanungu & Rukungiri (in the southwest of the country) and answer the question “What does success look like?”, we moved to the second step of the project: collecting data on the ground. We were fortunate to travel to extremely remote areas where white faces were clearly a rare sight. 🙂 This week was a series of meetings with Nyaka primary and secondary school head teachers, teachers, religious leaders, clan & village leaders, government officials, local communities… Sometimes more than sixty people from several communities came to help us carry out our study. The most striking element was the deep involvement of the different communities in the governance of Nyaka. If Nyaka ever faced a severe blow, thousands of people from all hierarchical levels, ethnic groups and religions would come together to face it. In parallel with the data collection, Quentin used his engineering skills on pressure problems in their water system and organized science classes around 4 experiments.

    Unforgettable moments:

    => Community of Grandmothers

    After a one-hour exchange with a community of grandmothers for our data collection, they thanked us with a dance accompanied by local songs. A moment that will remain engraved in our memories… You can watch the video above! 🙂

    => Live pitching smartphone app

    We were pitched by a Nyaka team of 6 students passionate about new technologies, who introduced us to their innovations, in particular a smartphone application preventing patients from forgetting their medicines while receiving advice from doctors. Value proposition, business model, demo… everything was there! This app earned them first place in a national challenge involving all the private schools of the capital!

    => Volleyball match

    Both being volleyball fans, we were invited to a fierce match with Nyaka students. The ground was rocky, the net sagging and the ball worn, but the level was really good. Notably, a schoolgirl of 7 at most, playing in a dress and bare feet, placed all her receptions with surgical precision! 🙂

    The meeting of the week:

    I am currently reading the book of Jackson, the founder of Nyaka. He explains the foundations of his initiative following the deaths of his brother and sister from “slim” (AIDS) and introduces the woman who instilled the values of Nyaka. After building the first two classrooms, Jackson went to see Freda, a grandmother figure to him and a freshly retired teacher, who became Nyaka’s first head teacher. We had the opportunity to meet her, a rare and truly inspiring personality!

    How do people living in remote villages access bank loans and insurance?

    In the case of large purchases (household products, animals, etc.), or when a relative has to go to the hospital for a costly operation, residents often have very limited incomes and no access to banking products and insurance. They organize themselves into “trusted” groups of ten to fifty members. Each month, members meet and define purchasing priorities. All members contribute monthly to a common pot, which is then allocated according to the needs of each. For example, if each member wants a goat, every month the members buy one, in an order defined by a random draw. Insurance works on much the same principle. The group negotiates a direct partnership with the hospital and each member pays a monthly fee. In case of a hard blow, the family concerned receives the appropriate healthcare. Since these groups are based on trust, it is essential to have a good reputation and strong roots in the area.

    Hope you are doing well,

    Have a great day,

    Quent & Rom

  • Arrival and meeting with Nyaka [Newsletter 1 Uganda]

    Arrival and meeting with Nyaka [Newsletter 1 Uganda]

    Salut à tous,

    Je suis arrivé à Kampala lundi matin. Je sais que certains me diront que j’ai clairement tardé à donner des nouvelles. C’est vrai et, pour une fois, je n’ai pas vraiment d’excuse ! 🙂

    J’ai commencé cette nouvelle aventure passionnante par ni plus ni moins qu’un tour du monde ! Si vous souhaitez obtenir des billets d’avion pas trop chers en vous y prenant une semaine à l’avance, soyez prêts à faire quelques escales ! 🙂 J’ai apprécié une bière et des frites à Bruxelles, un bon café à Amsterdam, des chansons africaines à Nairobi, rien d’intéressant à Kigali, pour finalement atterrir à Entebbe, en Ouganda, à 3 h 30 du matin. Heureusement, le temps a filé, car je me suis retrouvé assis à côté d’un ex-consultant du BCG qui avait tout quitté pour lancer Kidogo, son ONG au Kenya.

    BCG consultant turned social entrepreneur

    En cherchant un taxi à la sortie de l’aéroport, j’ai rapidement remarqué que j’étais le seul Blanc. Un homme bien habillé (trop bien habillé) de l’administration m’a offert ses services pour obtenir un « taxi au meilleur prix » : 40 $ la course (Nyaka m’avait dit 25 $ maximum). Mais essayez de négocier à 4 h du matin, quand tous les chauffeurs savent que vous n’avez pas vraiment d’alternative… Bonne mise en jambes, je m’en suis bien sorti ! 🙂

    Nyaka, la mission :

    Après une longue nuit de deux petites heures, direction Nyaka à l’arrière d’un boda (taxi-moto local) qui m’a déposé pile devant l’asso. En deux mots : l’objectif de Nyaka, c’est donner accès à l’éducation et aux soins aux orphelins du sida à travers une approche holistique et communautaire. Lorsque les parents décèdent, ce sont souvent les grands-mères qui prennent le relais. Nyaka leur donne les moyens de subvenir aux besoins de leurs petits-enfants à travers de la formation à l’entrepreneuriat, du microcrédit, des actions de sensibilisation… Ce sont plus de 700 enfants dans leurs écoles et plus de 6 000 grands-mères accompagnées. En arrivant à l’asso, j’ai été très chaleureusement accueilli par l’équipe : Sempa (responsable des finances), Jennifer (directrice pays) et Shabnam (responsable de notre projet). Quentin (qui n’arrivera malheureusement que vendredi pour des problèmes d’avion) sera mis à contribution sur des missions d’ingénierie : traitement de l’eau, construction… et il ira à la rencontre des jeunes pour leur parler du métier d’ingénieur et les aider dans leurs choix d’orientation. Pour ma part, je suis sur une mission de monitoring et de mesure d’impact. À la fin de notre échange, Jennifer m’a dit : « Ce que j’attends de toi, c’est que tu puisses nous aider à répondre à la question suivante : What does success look like? » Sacré challenge sur 3 semaines ! 🙂

    Une rencontre par jour :

    Dans le cadre de ma démarche de découverte, j’ai contacté un paquet de personnes (entrepreneurs high impact business, fondateurs d’ONG, ambassadeurs, leaders locaux…) dans le but d’en rencontrer une par jour. Je vous partagerai certains échanges qui m’ont marqué. J’ai notamment échangé avec Samantha Elghanayan (@Sam : thanks), qui travaille chez Tugende, un high social impact business. Ils proposent des prêts aux conducteurs de bodas pour leur permettre d’acquérir leur moto au lieu de la louer très cher. Au bout de 19 mois, ils peuvent devenir propriétaires via des remboursements hebdomadaires. Passé cette période, ils peuvent doubler le revenu qu’ils auraient gagné en continuant de louer. Quand elle a rejoint l’entreprise il y a 3 ans, il y avait 300 conducteurs. Aujourd’hui, ils sont 6 000. La traction a été délirante : ils n’ont fait de la publicité que le premier mois, et ensuite c’était 100 % du bouche-à-oreille.

    Débat intéressant : ONG vs high impact business :

    Nous avons eu un débat passionnant avec Samantha sur les avantages et les inconvénients du lancement d’une ONG par rapport à une entreprise à fort impact. Le véritable avantage d’une ONG, c’est un accès exclusif à des subventions et à des dons en échange d’indicateurs de performance décorrélés de la rentabilité. Cependant, le revers, c’est l’indépendance : les ONG doivent se conformer aux attentes de leurs donateurs. Par exemple, Shauna d’Educate m’a expliqué que, pour obtenir la subvention d’un grand donateur américain (financement d’un side project d’école dans le nord du pays), elle avait l’obligation de fournir un accès gratuit aux 200 élèves de l’école. Ils ont dû modifier tout leur business model alors que les familles des élèves étaient prêtes à payer. De plus, une entreprise à fort impact ne porte pas l’image d’une organisation à but non lucratif, ce qui implique parfois des sacrifices, notamment salariaux, de la part du management. Les donateurs sont souvent réticents à financer les opérations et la masse salariale d’une ONG. Pourquoi un entrepreneur avec une vision sociale devrait-il accepter de sacrifier son niveau de vie à partir du moment où son action a un fort impact ? D’un point de vue financier, une entreprise à fort impact doit être rentable et cash efficient dès le premier jour. Via mon job chez Blisce, j’ai d’ailleurs remarqué que de nombreuses familles et de nombreux investisseurs sophistiqués de taille importante défendent de plus en plus des causes spécifiques (climatiques, sociales…) via une allocation impact investing sur laquelle ils cherchent un retour financier plus limité, accompagné de KPIs d’impact. Ces high impact businesses pourraient-ils être l’avenir des ONG ? Verra-t-on naître un modèle hybride à la croisée des chemins entre high impact business et ONG ? L’avenir nous le dira…

    J’espère que vous allez tous bien,

    Joignable sur WhatsApp, même sur mon boda !

    La bise à tous,

    Romain