On the field in Kanungu and Rukungiri [Newsletter 2 Uganda]

Salut la Familia, les Potos, Blisce & EPIC,

English version below 🙂

Comment allez-vous ?

Depuis la dernière newsletter, mon frère Quentin m’a rejoint le vendredi 4 août, mais non sans encombre, avec plus de 5 heures dans les bouchons pour rejoindre Kampala. Tellement bloqué que le chauffeur s’est arrêté au bord de la route à plusieurs reprises pour lui donner quelques cours sur la faune et la flore locales ! 🙂

Une mission mais pas que…

Le lendemain, nous sommes partis passer la journée à Jinja, connue pour être la source du Nil. Histoire de fêter l’arrivée de Quentin, nous avons tenté une descente en rafting de niveau 5. En plus d’un paysage époustouflant de part et d’autre du Nil, nous avons pris 8 rapides, dont certaines chutes de plusieurs mètres. Lorsque le raft chavire et que tu passes plus de 15 secondes sous l’eau, c’est une vraie bouffée d’adrénaline ! 🙂

Nyaka, collecte des données sur le terrain

Pour mesurer l’impact de Nyaka au sein des communautés de Kanungu & Rukungiri (sud-ouest du pays) et répondre à la question « What does success look like? », nous sommes passés à la deuxième étape du projet, qui consiste à aller chercher les données sur le terrain. Nous avons eu la chance de pouvoir nous rendre dans des zones extrêmement reculées où les visages pâles ne couraient clairement pas les rues. 🙂 Cette semaine s’est enchaînée avec de multiples rencontres : chefs d’établissement du primaire et du secondaire de Nyaka, professeurs, leaders religieux, de clan et de village, représentants du gouvernement, communautés locales… qui se sont parfois déplacés à plus de soixante pour nous aider à réaliser notre étude. Ce qui nous a le plus marqués, c’est l’implication parfaite des différentes communautés dans la gouvernance de Nyaka. En cas de coup dur pour Nyaka, ce seront des milliers de personnes de tous niveaux hiérarchiques, ethnies et religions qui apporteront ensemble leur contribution pour y faire face. En parallèle de la collecte de données, Quentin a mis à contribution ses compétences d’ingénieur sur des problèmes de pression dans leur circuit d’eau, en intervenant lors de cours de sciences physiques autour de 4 expériences et en partageant son expérience d’ingénieur avec des élèves confrontés à leurs premiers choix d’orientation.

Moments inoubliables :

=> Communauté de grand-mères

Après un échange d’une heure avec une communauté de grand-mères dans le cadre de notre collecte de données, ces dernières nous ont remerciés par une danse accompagnée de chants locaux. Un moment qui restera gravé dans nos mémoires… Je vous laisse apprécier en images ! 🙂

 => LIEN VIDÉO

Romain Sion Uganda Nyaka
Romain Sion Uganda Nyaka
 

=> Live pitching d’une application smartphone

Une équipe Nyaka de 6 étudiantes passionnées de nouvelles technologies nous a pitché ses innovations, et notamment une application smartphone qui permet aux patients de ne pas oublier leurs médicaments tout en bénéficiant de conseils de médecins. Proposition de valeur, business model, démo… tout y était ! Cette app leur a valu la première place d’un challenge national impliquant toutes les écoles privées de la capitale !

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=> Match de volley-ball

Tous les deux fans de volley-ball, nous avons été invités à un match endiablé, à tel point que nous en sommes sortis en nage. Le terrain était rocailleux, le filet distendu et le ballon usé, mais le niveau était vraiment pas mal. Notamment une écolière de 7 ans maximum, jouant en robe et pieds nus, qui plaçait toutes ses réceptions avec une précision chirurgicale ! 🙂

La rencontre de la semaine :

Je suis en train de lire le livre de Jackson, le fondateur de Nyaka. Il y explique les fondements de son initiative, née après les décès de son frère et de sa sœur à cause du « slim » (le sida), et présente la femme qui a insufflé les valeurs de Nyaka. Après avoir construit les deux premières classes, Jackson est allé voir Freda, sa grand-mère de cœur et institutrice toute fraîchement retraitée, pour qu’elle devienne la première directrice de Nyaka. Nous avons eu l’opportunité de la rencontrer : une personnalité rare et vraiment inspirante !

Comment les habitants des villages reculés accèdent-ils aux prêts bancaires et aux assurances ?

Pour des achats importants (produits ménagers, animaux…), ou lorsqu’un proche doit se rendre à l’hôpital pour une opération coûteuse, les habitants, qui ont souvent des revenus très limités, n’ont pas accès aux produits bancaires et d’assurance classiques. Ils se sont donc organisés en groupes « de confiance » composés d’une dizaine à une cinquantaine de membres. Chaque mois, les membres se réunissent et définissent les priorités d’achat. Tous contribuent chaque mois à un pot commun, qui est ensuite alloué en fonction des besoins de chacun. Si par exemple chaque membre souhaite une chèvre, tous les mois les membres en achètent une, dans un ordre défini par tirage au sort. Pour les assurances, c’est à peu près le même principe. Le groupe négocie un partenariat en direct avec l’hôpital, puis chaque membre lui paie des mensualités. En cas de coup dur, la famille concernée est prise en charge, quel que soit le montant des soins. Ces groupes étant basés sur la confiance, il est primordial d’avoir bonne réputation et, bien souvent, d’être implanté dans la région depuis longtemps.

Continuez à m’envoyer de vos nouvelles !

Quent & Rom

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Hi la Familia, les Potos, Blisce & EPIC,

How are you?

Since the last newsletter, my brother Quentin joined me on August 4th, after spending more than 5 hours in traffic jams to reach Kampala. He was so stuck that the driver stopped by the roadside several times to give him some lessons on the local flora and fauna! 🙂

A mission, but not only…

The next day we went to Jinja, a place known as the source of the Nile. In order to celebrate the arrival of Quentin, we did a level 5 rafting descent. In addition to a breathtaking landscape on both sides of the Nile, we took 8 rapids including several waterfalls several meters high. When the raft flips and you spend 15+ seconds under water, it’s a real adrenaline rush! 🙂

Nyaka, data collection in the field

To measure the impact of Nyaka within the communities of Kanungu & Rukungiri (in the southwest of the country) and answer the question “What does success look like?”, we moved to the second step of the project: collecting data on the ground. We were fortunate to travel to extremely remote areas where white faces were clearly a rare sight. 🙂 This week was a series of meetings with Nyaka primary and secondary school head teachers, teachers, religious leaders, clan & village leaders, government officials, local communities… Sometimes more than sixty people from several communities came to help us carry out our study. The most striking element was the deep involvement of the different communities in the governance of Nyaka. If Nyaka ever faced a severe blow, thousands of people from all hierarchical levels, ethnic groups and religions would come together to face it. In parallel with the data collection, Quentin used his engineering skills on pressure problems in their water system and organized science classes around 4 experiments.

Unforgettable moments:

=> Community of Grandmothers

After a one-hour exchange with a community of grandmothers for our data collection, they thanked us with a dance accompanied by local songs. A moment that will remain engraved in our memories… You can watch the video above! 🙂

=> Live pitching smartphone app

We were pitched by a Nyaka team of 6 students passionate about new technologies, who introduced us to their innovations, in particular a smartphone application preventing patients from forgetting their medicines while receiving advice from doctors. Value proposition, business model, demo… everything was there! This app earned them first place in a national challenge involving all the private schools of the capital!

=> Volleyball match

Both being volleyball fans, we were invited to a fierce match with Nyaka students. The ground was rocky, the net sagging and the ball worn, but the level was really good. Notably, a schoolgirl of 7 at most, playing in a dress and bare feet, placed all her receptions with surgical precision! 🙂

The meeting of the week:

I am currently reading the book of Jackson, the founder of Nyaka. He explains the foundations of his initiative following the deaths of his brother and sister from “slim” (AIDS) and introduces the woman who instilled the values of Nyaka. After building the first two classrooms, Jackson went to see Freda, a grandmother figure to him and a freshly retired teacher, who became Nyaka’s first head teacher. We had the opportunity to meet her, a rare and truly inspiring personality!

How do people living in remote villages access bank loans and insurance?

In the case of large purchases (household products, animals, etc.), or when a relative has to go to the hospital for a costly operation, residents often have very limited incomes and no access to banking products and insurance. They organize themselves into “trusted” groups of ten to fifty members. Each month, members meet and define purchasing priorities. All members contribute monthly to a common pot, which is then allocated according to the needs of each. For example, if each member wants a goat, every month the members buy one, in an order defined by a random draw. Insurance works on much the same principle. The group negotiates a direct partnership with the hospital and each member pays a monthly fee. In case of a hard blow, the family concerned receives the appropriate healthcare. Since these groups are based on trust, it is essential to have a good reputation and strong roots in the area.

Hope you are doing well,

Have a great day,

Quent & Rom

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