Impact assessment Carolina for Kibera [Newsletter 1 Kenya]

Salut la Familia, les Potes, Blisce, EPIC et Partenaires,

English version below 🙂

Nous sommes bien arrivés à Nairobi lundi dernier à 6 h 20 du matin, après une escale à Dubaï. Direction la famille Siteki, notre famille d’accueil, pour une douche rapide et le temps de poser nos sacs, puis direction Carolina for Kibera pour le début d’une mission passionnante ! Accueil chaleureux de tout le staff de CFK, qui a commencé par nous faire faire le tour du propriétaire : la clinique, le centre de nutrition et le care center. Je vous garantis qu’il s’agit d’une immersion totale ! (cf. petite vue imprenable sur notre palace) 🙂

image

Impact assessment qualitatif :

Afin de mettre en avant leur impact, Carolina for Kibera cherche à se doter d’une palette de supports pour développer et renforcer son engagement et ses interactions avec ses donateurs et sponsors. Pour cela, ils m’ont chargé d’aller à la rencontre de leurs bénéficiaires afin de recueillir leurs témoignages. Cette semaine, nous avons commencé à nous rendre chez les habitants, dans les écoles et les cliniques du bidonville pour mener nos premières interviews ! Nous sommes rapidement partis dans les coins les plus reculés de Kibera, accompagnés de CFK et des leaders locaux. Sans eux, je m’y serais perdu 15 fois ! 🙂 Kibera, l’un des plus grands bidonvilles d’Afrique, situé au sud de Nairobi, regroupe 1,2 million de personnes issues de 42 tribus et réparties dans 14 villages.

image (1)

image (2)

Tabitha Clinic :

Carolina for Kibera a mis en place un programme de santé en créant une clinique au milieu du bidonville, accessible aux habitants pour quelques shillings seulement. Il y a une vraie volonté d’apporter un service de santé de proximité et de qualité. C’est incroyable de voir à quel point toute l’équipe soignante est impliquée dans la prise en charge des patients ! Cela va de la vaccination aux problèmes de malnutrition, en passant par les traitements du VIH, le dépistage du cancer du sein, les premiers secours… Marine travaille principalement à la pharmacie, pour réfléchir à l’optimisation des stocks. L’un de leurs enjeux majeurs est le traitement des patients atteints du VIH et de la tuberculose. Ce sera l’objet des discussions de la semaine prochaine ! À suivre… 🙂

image (3)

Famille d’accueil Siteki :

Nous avons été accueillis comme des rois par la famille Siteki, qui habite en plein cœur de Kibera. Tabitha, la maîtresse de maison, serial entrepreneuse chevronnée et mère de 5 enfants, nous a accueillis comme ses propres enfants. Son parcours est captivant ! Après avoir perdu son mari il y a 20 ans, avec 5 enfants à charge et un prêt immobilier sur les bras, elle a monté quatre business dans le commerce et la restauration, ce qui lui a ensuite permis d’envoyer deux de ses enfants aux États-Unis. Si elle ne nous voit pas rentrer le soir, c’est la première à s’inquiéter ! 🙂 Même si l’électricité coupe et que la douche ressemble à un gros robinet, nous mangeons comme des princes. Ambiance géniale : on se marre avec ses enfants, qui ont quelques années de plus que nous, et longs échanges interculturels le soir !

Fonctionnement des écoles :

Le fonctionnement des écoles est intéressant, car on distingue 3 types d’écoles :

  • + Informal Private schools : elles ne remplissent pas les critères pour recevoir les subventions des écoles publiques, la qualité de l’enseignement est faible et les équipements quasi inexistants. Ce sont les moins chères (environ 30 $ pour l’année) et elles incluent souvent un repas pour les enfants
  • ++ Public schools : le niveau d’enseignement est plutôt bon, l’État subventionne une partie du budget de l’établissement, mais les familles doivent encore payer les livres, les équipements, les repas, les uniformes… ce qui les rend souvent inaccessibles aux familles dans le besoin
  • +++ Registered Private schools : les écoles d’élite, bien évidemment les plus chères, réservées à la classe aisée kényane

=> Il est assez surprenant de constater que l’enseignement privé couvre les 2 extrêmes : les plus pauvres et les plus riches. Nous parlons beaucoup d’égalité des chances ; ici, au Kenya, c’est très concret. Tous les élèves passent les mêmes examens. Par exemple, lors d’un examen pratique de physique nécessitant du matériel de mesure, la quasi-totalité des élèves issus des informal schools l’utiliseront pour la première fois le jour de l’examen ! Barrière à l’entrée évidente !

image (4)

Le témoignage poignant de Faith, 17 ans, étudiante et mère

Jeudi dernier, départ avec Marine à 5 h 30 du matin pour rencontrer Faith. Après 20 minutes de marche entre les baraquements, Faith nous a accueillis dans une baraque en tôle de 12 m² où s’entassait toute sa famille. Avec assurance, Faith nous a décrit sa grossesse découverte au bout de 7 mois, le refus du père, le rejet de sa famille et de ses amis, la mort de l’un de ses jumeaux et ses envies de suicide. Elle a enchaîné sur sa rencontre avec le programme de CFK, qui lui a redonné confiance et lui a permis de retourner à l’école en l’aidant à payer les frais de scolarité ; surtout, elle a appris à dire NON. Ce qui m’a marqué, c’est qu’elle m’a pris à part avant notre départ pour me demander si je pouvais l’aider à obtenir des serviettes hygiéniques. En tant que déléguée de classe, c’est un problème récurrent. Sa demande n’était même pas pour elle, mais pour ses camarades de classe…

image (5)

Ce week-end, détente sur les plages de Diani et de Mombasa ! Il faut quand même profiter de ces superbes paysages ! 🙂

image (6)

Bonne journée à tous et surtout bonnes vacances,

À très vite !

Marine et Romain

————————————————————————————————-

Hi Familia, Friends, Blisce, EPIC and Partners,

We arrived in Nairobi at 6:20 am last Monday after a stopover in Dubai. We headed to the Siteki family’s place (our host family) for a quick shower and a few minutes to drop our bags. Then, off to Carolina for Kibera for the beginning of an exciting mission! Warm welcome from all the CFK staff, who started with a tour of the facilities: the clinic, the nutrition center and the care center. I guarantee you that it is a total immersion! 🙂

Qualitative impact assessment:

In order to showcase their impact, Carolina for Kibera wants to build a range of materials to develop and strengthen its engagement & interactions with its donors and sponsors. To do that, they asked me to meet their beneficiaries on the ground and collect their testimonials. This week, we went to schools, clinics and people’s homes to conduct our first interviews in the slum of Kibera! We quickly went to the most remote corners of Kibera, accompanied by CFK and local leaders. Without them, I would have gotten lost 15 times! 🙂 Kibera is one of the largest slums in Africa, located in the south of Nairobi. It is home to 1.2 million people from 42 different tribes, spread across 14 villages.

Tabitha Clinic:

The health program is an important pillar of CFK. They created an affordable clinic in the middle of the slum. There is a real desire to provide a quality health service close to people. It’s amazing how the entire healthcare team is involved in supporting the locals with very limited supplies! Their activities range from vaccination, malnutrition and HIV treatment to breast cancer screening and first aid… Marine is spending most of her time at the pharmacy, working on stock optimization. One of their major challenges is the treatment of HIV and TB patients. This will be the topic of next week’s discussions! To be continued… 🙂

Siteki Host Family:

We have been welcomed like kings by the Siteki family, who live in the heart of Kibera. 🙂 Tabitha, our host, a serial entrepreneur and mother of 5, welcomed us as her own children. Her story is captivating! Having lost her husband 20 years ago with 5 children and a mortgage, she set up 4 businesses in retail and catering, which allowed her to send two of her children to the US. If she does not see us coming back at night, she is the first one to worry! 🙂 Although the electricity cuts out and the shower looks like a big faucet, we eat like princes. Great atmosphere, a lot of fun with her children, who are a few years older than us, and long intercultural exchanges at night!

How Kenyan schools work:

The school system is interesting because there are 3 types of schools:

  • + Informal Private schools: they do not meet the criteria for receiving public school grants, teaching quality is low and equipment is almost non-existent. These are the cheapest (around $30 per year) and they often include a meal for the children
  • ++ Public schools: the level of education is rather good and the state subsidizes part of the school budget, but families must still pay for books, equipment, meals, uniforms… A high barrier to entry for low-income families
  • +++ Registered Private schools: elite schools, obviously the most expensive, reserved for Kenya’s upper class

=> It is quite surprising to note that private education covers the two extremes: the poorest and the richest. We talk a lot about equal opportunities; here in Kenya, it’s very concrete. All students take the same exams. For example, during a practical physics exam requiring measuring equipment, almost all students from informal schools will use it for the first time on the day of the exam! An obvious barrier to entry!

The heartbreaking testimony of Faith, 17, student and mother

Last Thursday, Marine and I left at 5:30 in the morning to meet Faith. After a 20-minute walk between the shacks, Faith welcomed us into a tiny 12 m² house made of metal sheets, in which her whole family was crammed. With confidence, Faith described her pregnancy, discovered after 7 months, the father’s refusal, the rejection by her family and friends, the death of one of her twins and her suicidal thoughts. She went on to describe how she met the CFK team, who gave her back her confidence and allowed her to return to school by helping with the tuition fees; most importantly, she learned to say NO. What struck me was that she took me aside before we left and asked if I could help her get sanitary pads. As class representative, this was a recurring issue. Her only request was not even for herself, but for her classmates…

This weekend, we are relaxing on the beaches of Diani and Mombasa! We have to enjoy the beautiful Kenyan landscapes! 🙂

Have a great day and enjoy your holidays,

See you soon!

Marine and Romain

Carolina for Kibera

Leave a Reply