Bonjour à tous,
Comment allez-vous ? De notre côté, nous sommes vraiment enthousiastes ! 🙂 Grâce aux conseils de Brooke, l’une de mes collègues qui a vécu au Guatemala, nous sommes partis avec ma sœur Marine et mon frère Quentin vivre de nouvelles aventures avec l’ONG Los Amigos de Santa Cruz, installée au bord du lac Atitlán, au Guatemala.
#Notre arrivée
Même avec notre pass sanitaire, nous n’étions pas détendus à la douane quand l’un des inspecteurs guatémaltèques l’a vérifié à 3 reprises. Après une première nuit dans la capitale, Jorge, chauffeur de taxi et grand ami de l’ONG, est venu nous chercher et nous avons pris la route du lac Atitlán. À peine une heure après notre départ, nous avons découvert un premier point commun entre Français et Guatémaltèques : la grève. Bloqués pendant 4 heures au milieu de l’autoroute, nous avons vu surgir de nulle part des vendeurs de glaces et de tortillas. Le conducteur du camion devant nous s’est même mis à vendre ses melons avant de faire une bonne sieste, allongé sur son chargement. 🙂

#Le lac Atitlán et ses multiples « pueblos »
Pour accéder au village de Santa Cruz (2 000 habitants), nous avons terminé notre trajet en prenant une « lancha », qui assure les navettes entre les villages autour du lac. Nous avons été éblouis par la beauté du lac Atitlán, situé à 1 600 m d’altitude et bordé par 3 volcans : Tolimán, Atitlán et San Pedro. Depuis des centaines d’années, des dizaines de villages d’origine maya se sont développés au bord de l’eau. Chaque matin, nous avons une vue magnifique sur le lac et ses volcans. Un petit coin de paradis ! 🙂

Pour vous donner un aperçu, nous sommes partis un matin vers 4 h 30, munis de lampes frontales, avec un jeune guide qui nous a emmenés sur les hauteurs du village par les sentiers escarpés utilisés par les agriculteurs pour cultiver leurs champs ou ramasser du bois.

#Los Amigos de Santa Cruz
Après plusieurs semaines d’échanges avant le voyage, nous avons fait la connaissance de Jessie, la directrice de l’ONG Los Amigos de Santa Cruz, qui nous a présentés aux équipes et nous a fait visiter les lieux. L’accueil a été très chaleureux et les équipes sont extrêmement attentionnées. Par exemple, ne trouvant pas de carte SIM au village, l’une des directrices s’est démenée pour nous en trouver une auprès de sa sœur.
Depuis 20 ans, leur mission est d’améliorer la vie des populations indigènes de Santa Cruz et des villages environnants par l’éducation et l’indépendance financière. Los Amigos ne veut pas faire de la charité. L’association cherche à développer les compétences et la confiance en soi pour que ses participants améliorent eux-mêmes leurs moyens de subsistance et ceux de leur communauté sur le long terme. À ce titre, nous avons vite remarqué que presque tout le personnel est local, avec de nombreux anciens bénéficiaires qui souhaitent à leur tour rendre à la communauté.

Sachant que l’accès à l’éducation est la clé d’un changement durable, ils ont adopté une approche globale, allant des programmes d’aide à la lecture et des bourses universitaires aux programmes de formation professionnelle, mais aussi de nombreux programmes pour aider les femmes à lancer leur activité et à faire valoir leurs droits au sein de la communauté. Estella, la directrice du programme « Women Empowerment », nous a expliqué que le rôle des femmes est essentiel dans leur mission. En général, une femme de Santa Cruz réinvestit 100 % de son salaire dans le foyer (éducation, alimentation, vêtements), alors qu’un homme y contribue en moyenne à hauteur de 10 % à 30 %.
#La triste réalité du Covid
La fermeture des frontières pendant le Covid a eu un impact dramatique sur le village de Santa Cruz, dont l’économie dépend largement du tourisme. De nombreux hôtels, restaurants, excursions organisées… ont dû fermer leurs portes. Plus de 50 % des habitants de Santa Cruz, soit un millier de personnes, ont perdu leur emploi. Les magasins d’alimentation sont restés vides pendant plusieurs mois. Le prix de certains produits ayant augmenté de 50 %, les familles les plus pauvres se sont retrouvées en situation de famine. En faisant un jogging avec Alex et Jake, deux amis de l’ONG, nous avons remarqué que certains sentiers touristiques semblaient flambant neufs. Ils nous ont expliqué que, pour faire face à cette crise sans précédent, Los Amigos avait suspendu la plupart de ses programmes afin de mettre en place des initiatives d’urgence. Ils ont ainsi pu garantir de la nourriture aux familles, créer des emplois d’urgence, soutenir les centres de santé et mener des campagnes de prévention. Ils ont créé plus de 600 emplois temporaires liés à 34 initiatives d’intérêt général (rénovation de sentiers, collecte des déchets, mise aux normes des écoles pour les personnes handicapées, etc.). Quant au vaccin, il est gratuit, mais les habitants ont si peu confiance dans le gouvernement que la plupart ne veulent pas en entendre parler.

Le salaire moyen dans le pays est de 324 € par mois et tombe à environ 130 € (1 200 quetzales) pour les familles les plus pauvres de Santa Cruz. Jusqu’ici, nous n’avons croisé aucun mendiant. Tout le monde travaille, y compris beaucoup d’enfants. Certains hommes en quête de travail pendant le Covid se retrouvent à défricher des terrains en altitude ou à descendre d’énormes sacs de bois sur des kilomètres. Pour dix heures de travail, ils étaient payés environ 6,50 € (60 quetzales).
#One Day One Meeting : Herminia, présidente de l’association de femmes Ruk’U’X Keem
Avant de partir, on nous a présenté Herminia, présidente d’une coopérative de femmes travaillant dans le textile. Au Guatemala, il n’est pas rare qu’un mari interdise à sa femme de travailler en dehors de la maison. De plus, de nombreuses femmes seules avec enfants à charge doivent trouver des opportunités leur permettant de générer un revenu tout en s’occupant de leurs enfants. C’est pourquoi Herminia a lancé l’une des plus anciennes coopératives de son village. 37 femmes peuvent ainsi générer un revenu satisfaisant en travaillant depuis chez elles.

En s’associant, les membres mettent leur production en commun et se relaient pour assurer la vente. En vendant à un intermédiaire, elles peuvent espérer recevoir 15 % du prix de vente, alors qu’en travaillant avec la coopérative, elles en reçoivent 85 %. Les 15 % restants servent à payer le loyer de la boutique et les frais de fonctionnement. Herminia nous a expliqué que pour rejoindre sa coopérative, il faut respecter 3 règles : être travailleuse, être ponctuelle et parler un minimum d’espagnol. Toutes les décisions sont prises selon un modèle démocratique où la présidente, la secrétaire et la trésorière sont élues par les membres. Si à la fin de l’année il reste de l’argent, les dividendes sont partagés entre toutes les participantes. Le modèle est équitable et durable !

Avant de partir, Herminia nous a proposé de rencontrer sa mère et ses enfants. Très souriante, accueillante et bien habillée, elle nous a surpris par la simplicité de sa maison, faite de quelques murs en béton, de tôle ondulée pour le toit et de meubles posés au sol. Sans se plaindre, elle nous a expliqué combien la période du Covid avait été difficile, car il avait fallu tenir plusieurs mois avec seulement quelques sacs de maïs.

#Maximón pour les Latinos et San Simón pour les Espagnols
Ce week-end, nous sommes allés nous promener dans le village de Santiago, de l’autre côté du lac. Là, nous avons fait une rencontre improbable avec Maximón, une divinité vénérée dans toute la région, au carrefour des cultures maya, espagnole et catholique. Chaque année, l’effigie grandeur nature est accueillie chez un habitant du village : il est donc impossible d’avoir une adresse précise. Deux policiers nous ont gentiment escortés dans les petites ruelles étroites pour rendre visite à Maximón. Fleurs, bougies et fumée d’encens accompagnaient les offrandes. Nous avons notamment vu un jeune homme à genoux offrir une fiole de vodka, vidée dans la bouche de la divinité. Improbable ! 🙂

Une première semaine absolument géniale avec los amigos. Plus d’infos la semaine prochaine ! 🙂
Belle semaine à tous,
Quentin, Marine et Romain

